Relever des défis nous rendrait plus heureux

Extrait d’un article de Harvard Business Review France -HS septembre-octobre 2020-

Conversation de G.Morse avec Daniel Todd Gilbert

Avec un tel titre comment résister à la lecture de l’article ? Que l’on soit challenger et/ou accro à la sérénité, le paradoxe énoncé donne envie d‘en savoir davantage. D. Todd Gilbert est professeur de psychologie à Harvard et chercheur en matière de bonheur.

Ces dernières années, le bonheur a pris une envergure scientifique en devenant un sujet interdisciplinaire. « Les psychologues cherchent à comprendre ce que ressentent les gens, les économistes veulent savoir à quoi ils accordent de la valeur et les neuroscientifiques veulent connaitre la manière dont le cerveau réagit aux récompenses ».

Il est intéressant de noter que les recherches en matière de bonheur font apparaitre que « les individus ne sont pas très doués pour prédire ce qui les rendra heureux et combien de temps cela durera ».

Il a été découvert « que des choses positives telles que gagner une élection, trouver ou perdre un amoureux.se, réussir ou non un examen… sont autant de choses ayant un impact sur le bonheur moins important que ne l’imaginait les individus ». « Peu d’expériences nous affectent plus de 3 mois…./… L’une des grandes explications c’est que les individus sont doués pour synthétiser le bonheur. En conséquence, ils sont finalement plus heureux qu’ils en s’y attendaient ». « La plupart des individus sont dotés de plus de résilience qu’ils n’en ont conscience ».

C’est une bonne nouvelle car au-delà des problèmes, incidents de la vie, nous avons les ressources pour nous créer une nouvelle vie positive « les individus heureux sont plus créatifs et plus productifs » et c’est vrai aussi pour la vie professionnelle. Le défi bien dosé est stimulant. « Nous savons que les individus sont plus heureux quand on leur propose de relever un défi approprié, lorsqu’ils font l’impossible pour atteindre des objectifs qui sont difficiles mais pas hors de portée. Un défi n’est pas la même chose qu’une menace. Les personnes s’épanouissent lorsqu’elles sont mises au défi et s’étiolent si on les menace ».

On ne peut avoir chaque jour des défis pour être heureux, mais il est possible chaque jour de multiplier les sources de satisfaction. En effet, il semblerait que « la fréquence de vos expériences positives constitue un bien meilleur indicateur de votre bonheur que leur intensité ». Ains, il semblerait « que le bonheur soit la somme de centaines de petites choses ».

Autre fait intéressant, la recherche Track your hapiness a montré que les pensées vagabondent la moitié du temps et que cela aurait une incidence négative sur l’humeur. La recherche conclue que « un esprit concentré est un esprit heureux ». La tradition du Yoga ne dit pas autre chose. Un des 8 piliers du Yoga est Dharana : la concentration, Dhyana : la méditation. Le Yogi cherche sans cesse à maitriser les chevaux du mental pour être présent à soi, aux autres et à ce qui l’entoure.

Et D.Todd Gilbert de conclure à propos des travaux de recherche à venir « la science sera bientôt capable de nous dire comment vivre les vies que nous souhaitons, mais elle ne nous dira jamais quelles sortes de vie nous devrions souhaiter vivre. C’est à nous de le décider ».

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